La pollinisation des pins par le vent

Auteur et publication : David Busti

Cônes femelles de Pin d'Alep (Pinus halepensis).
Vous pouvez observer ici à l'extrémité d'une pousse de l'année deux jeunes cônes femelles rouge violacé, pollinisés mais non fécondés. Notez les bractées rouge violacé à la base des écailles ovulifères. (Région niçoise, département des Alpes maritimes, avril 2002)

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Cônes femelles de Pin maritime (Pinus maritima).
Chez cette espèce de Pin, les jeunes cônes de l'année sont rouges. (Massif de l'Estérel, département du Var, avril 2006)

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Cônes mâles de Pin d'Alep (Pinus halepensis).
Les cônes mâles libèrent au printemps un abondant pollen sous forme d'une poudre jaune. (Région niçoise, département des Alpes maritimes, avril 2002)

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Cônes mâles de Pin maritime (Pinus maritima).
Contrairement aux cônes femelles, les cônes mâles sont situés à la base des pousses de l'année. Notez la structure écailleuse des cônes. (Massif de l'Estérel, département du Var, avril 2006)

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Grains de pollen à ballonnets de Pin.
Les ballonnets aérifères se forment par décollement de la paroi externe ornementée du grain de pollen (exine) de la partie interne mince et cellulosique (intine). Ils assurent le transport du pollen par le vent. Le noyau de la cellule anthéridiale est également bien visible.

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Au printemps, les pins libèrent une abondante poudre jaune au moindre vent ou au moindre attouchement de leurs rameaux. Cette poudre jaune correspond au pollen produit par les cônes mâles disposés à la base de certaines pousses (pousses mâles) de l'année. Les cônes mâles sont constitués d'un axe portant des d'écailles, le tout simulant une "fleur". A la face inférieure de chaque écaille, on peut observer sous loupe binoculaire deux sacs polliniques libérant le pollen par une fente de déhiscence longitudinale. Le pollen libéré est ensuite transporté par le vent parfois sur de très longues distances (plusieurs centaines de mètres à quelques kilomètres), c'est pourquoi ce mode de pollinisation est qualifié d'anémogame, ou encore d'anémophile. Par ailleurs, les grains de pollen, de petite taille, sont légers et présentent chacun deux ballonets latéraux qui augmentent leur portance dans l'air et offrent une bonne prise au vent durant leur transport.

Une grande partie du pollen produit sera perdu mais quelques grains pourront être retenus par les jeunes cônes femelles. Contrairement aux cônes femelles mûrs de troisième année, gros et ligneux, que l'on remarquera immédiatement en approchant d'un pin, les jeunes cônes femelles apparaissent discrètement à l'extrémité de certaines pousses (pousses femelles) de l'année. Bien que petits (environ 1 cm de longueur), ils se distinguent assez aisément par leur couleur rouge ou rouge violacé qui contraste avec la couleur brune des jeunes rameaux. Chaque cône femelle est constitué d'un axe portant des écailles ovulifères disposées à l'aisselle d'une petite bractée, le tout simulant une "inflorescence". Chaque écaille produit sur sa face supérieure deux ovules dont les orifices (micropyles) sont orientés vers l'axe du cône.

Au moment de la pollinisation, les grains de pollen pénètrent entre les écailles écartées des jeunes cônes femelles. Un liquide mucilagineux sécrété par les ovules déborde par les micropyles et piège les grains de pollen. Le liquide est ensuite résorbé par l'ovule, entrainant les grains de pollen dans l'ovule au contact du nucelle, où ils pourront germer dès la fin de l'été. La croissance du tube pollinique se poursuit jusqu'à l'automne mais elle sera interrompue pendant l'hiver et la fécondation n'aura lieu qu'au printemps de l'année suivante alors que les cônes auront grandi et verdi. Les graines, quant à elles, ne seront libérées qu'au printemps de la troisième année depuis les gros cônes ligneux, bruns et desséchés.

 

David Busti, octobre 2011.