Le Cytinet, une endoparasite des cistes

Auteur et publication : David Busti

Cytinet parasitant une racine de ciste à fleurs blanches.
En France, il existe deux sous-espèces de Cytinet, l'une parasitant les cistes à fleurs blanches, Cytinus hypocistis subsp. hypocistis, à fleurs jaunes et feuilles en écailles folaires brun orangé (ci-dessous), l'autre parasitant les cistes à fleurs roses, Cytinus hypocistis subsp. clusii, à fleurs blanches et feuilles en écailles rouges. (Ile de Porquerolle, mai 2003)

Cytinet-Cytinus_hypocistis2.jpg

 

Cytinet parasitant le collet d'un ciste à fleurs blanches.
Le Cytinet n'est détectable qu'au printemps, lorsque la tige florifère émerge de la plante hôte. (Ile de Porquerolle, mai 2003)

Cytinet-Cytinus_hypocistis1.jpg

 

Rameau fleuri de Ciste de Montpellier.
Cette espèce de ciste à fleurs blanches se distingue du Ciste à feuilles de sauge par ses feuilles allongées et ses rameaux collants. Le Ciste à feuilles de sauge possède des feuilles ovales. (Ile de Porquerolle, mai 2003)

Ciste-de-montpellier.jpg

 

Garrigue à cistes à fleurs blanches sur l'Ile de Porquerolle.
Cette garrigue se développe sur sols siliceux méditerranéens soumis à des incendies fréquents. Elle est dominée par le Ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis) et le Ciste à feuilles de sauge (Cistus salviaefolius), deux espèces pyrophytes dont la germination est favorisée par le pssage d'un feu. A l'arrière plan, une pinède d'Alep. (Ile de Porquerolle, mai 2003)

Cistaie.jpg

 

En vous promenant au printemps en région méditerranéenne dans une garrigue dominée par des cistes, avez-vous déjà remarqué à leurs pieds la floraison discrète d'une petite plante à fleurs jaunes ? Ces photos ont été prises sur l'Ile de Porquerolle, dans une garrigue à cistes à fleurs blanches (cistaie) se développant sur substrat siliceux. Les racines des cistes sont assez fréquemment parasitées par une petite plante parasite, le Cytinet (Cytinus hypocistis), qui n'apparaît hors du sol qu'au moment de sa floraison.

Le Cytinet est une plante endoparasite qui vit entièrement à l'intérieur des tissus de la plante hôte sous la forme d'une masse de filaments, sauf au moment de la floraison où il laisse paraître une tige courte à feuilles en écailles portant des inflorescences. C'est la floraison hors de la plante hôte qui assure sa dispersion. La tige naît sur les racines de la plante hôte ou, bien souvent, à proximité de son collet, ce qui fait du Cytinet un parasite épirhize. En outre, le Cytinet est une holoparasite qui prélève eau, sels minéraux et molécules organiques (glucides) dans les tissus conducteurs de l'hôte. Dépourvu de chlorophylle, il n'est pas capable d'assurer sa propre photosynthèse.

Le Cytinet, seul représentant en France d'une famille tropicale de plantes endoparasites
Le Cytinet est la seule plante endoparasite de la flore européenne. Il appartient à la famille des Rafflésiacées, une famille d'endoparasites tropicales qui comprend la remarquable Rafflésie d'Arnold (Rafflesia arnoldii) dont la fleur peut atteindre 1 mètre de diamètre et 10 kg, ce qui en fait la plus grande (vraie) fleur du monde ! La Rafflésie d'Arnold parasite des lianes du genre Tetrastigma en provoquant sur celles-ci une énorme nodosité qui donnera naissance à une fleur qui ne restera épanouie que quelques jours.

Pour en savoir plus

  • OZENDA & CAPDEPON, L'appareil haustorial des phanérogames parasites, Revue générale de botanique, 1979

 

David Busti, octobre 2011.


Sur le même thème

Grande cuscute parasitant une ortie

Le Gui, une plante parasite au cycle de vie original

Le Gui, une plante parasite dispersée par les oiseaux